Chapitre 94 (exclusif)

Le réveil de Megumi fut un peu compliqué ce lundi là.

Ses nausées étaient si intenses qu’elle crut même pendant un moment devoir sécher les cours de la matinée.

Mais après une bonne douche et un médicament prescrit par son médecin, elle se sentit un peu mieux.

Ce n’était pas totalement passé, mais au moins, elle avait arrêté de vomir.

Elle s’hydrata longuement la peau pour essayer de faire disparaître sa mine fatiguée, puis, elle termina de se préparer et s’empressa de quitter l’appartement, avant que Kyosuke ne la découvre les jambes à l’air, dans son uniforme de lycéenne.


« Mais bon, vu comment il a picolé hier soir, il est parti pour ronfler jusqu’à midi là, alors il n’y a pas trop de risque » se dit-elle, en évitant tout de même de traîner, au cas où.


Elle verrouilla derrière elle, emprunta l’ascenseur et observa son ventre à travers le reflet du miroir, pensive.

Elle se plaça de profil et appuya sa main sur son nombril, à travers la chemise de son uniforme, en soupirant.


«  Et dire que j’ai un bébé qui est en train de grandir dans mon ventre... »


« Mon bébé »


« Le bébé d’Hayate »


Depuis l’échographie, elle l’avait accepté, mais c’était une sensation si particulière.


Parfois, même si elle n’avait pas l’intention de changer d’avis, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si sa décision était vraiment la bonne.

Elle savait que vu de l’extérieur, elle n’avait pas choisi le chemin le plus simple, mais dans son cœur, l’avortement aurait été le choix le plus douloureux à prendre.

Malgré ce que l’on pourrait penser, pour Megumi, cette décision était la plus confortable et la moins douloureuse de toutes.

Elle n’avait fait que choisir la facilité, finalement. A sa façon.


« De toute façon, je n’ai jamais cru au hasard »


« Si ce bébé est là, ce n’est pas pour rien »


« Si mon destin est de devenir mère à 18 ans, alors soit. Je vais l’assumer et le chérir de tout mon cœur. Peu importe ce qui arrivera. Et peu importe ce que le monde en pensera. »


Enfin, lorsque l’ascenseur arriva à l’étage zéro, elle esquissa une dernière caresse sur son ventre avant de marcher le long du couloir, en direction de la sortie.

C’était étrange.

Peut-être était-elle en train de se monter la tête toute seule, mais, elle était déjà quasiment certaine qu’il s’agissait d’une petite fille.


C’était un pressentiment très fort.


Elle se sentait un peu émue en essayant d’imaginer une « Hayate miniature », gambadant joyeusement devant elle en l’appelant maman.

Avec le sourire qu’il avait, sa fille serait assurément adorable.


« Ou peut-être qu’elle sera mon portrait craché, songea-t-elle, il parait que le premier ressemble toujours à la mère »


Elle s’apprêtait à ouvrir la porte du bâtiment pour sortir, lorsque soudain, quelqu’un qui arrivait dans le sens inverse, l’ouvrit pour elle.


-        Ah, merci, dit-elle distraitement avec un sourire poli.


Et lorsqu’elle croisa la regard tranquille et amusé d’Hayate en passant devant lui, elle manqua de trébucher contre le seuil.


-         Mais qu’est ce que… ?! Sursauta-t-elle en esquissant par réflexe un mouvement de recul, Mais purée, qu’est-ce que tu fiches là ?


Elle ne s’attendait tellement pas à le croiser là à cette heure-ci qu’elle peinait à reprendre son masque impassible. Elle était totalement prise au dépourvu. Elle sentait le rouge lui brûler les joues. Son regard était fuyant.

Tout son corps et son esprit étaient en alerte.


-         À ton avis ? Dit-il malicieusement en s’accoudant contre la porte, je suis venu pour faire le chemin avec toi…


Quand il prenait cette voix là, elle avait l’impression de se liquéfier.

Son cœur se gorgeait de chaleur. Elle allait exploser !


« Aaah ! Reprend toi ! Respire ! »


« Garde ton calme ! »


Elle aurait voulu se préparer psychologiquement avant de le voir. Elle était prise complètement de court !


-         Hein ? Mais quel chemin ? Rétorqua-t-elle en cachant son trouble derrière un masque agacé, Nous ne partons pas du tout dans la même direction ! Le chantier est de l’autre côté !

-         Ha ha, c’est vrai, rit-il, l’air tranquille en haussant des épaules, mais ce n’est rien. Ça ne me dérange pas de faire un détour…


Il lui fit l’un de ses dangereux sourires espiègle en lui prenant doucement son sac bleu nuit de lycéenne.

Elle le regarda un peu bêtement pendant qu’il le calait nonchalamment contre son épaule en lui faisant signe de venir.

Megumi se sentait à la fois heureuse et contrariée de le voir. Elle aurait voulu prendre un peu ses distances pour éviter de jouer avec le feu mais elle comprenait qu’Hayate comptait bien profiter du moindre prétexte pour la voir…

Cela lui faisait plaisir, et elle se maudissait pour ça.


-         Et ton travail ? Tu es en retard, non ? Marmonna-t-elle tandis qu’il relâchait enfin la porte derrière elle pour la laisser se refermer.

-         Ouais, mais c’est ok, s’amusa-t-il tandis qu’ils se mettaient en route. Je dirais que j’ai eu une panne de… comment on dit déjà ici ? De réveil, c’est ça ? S’amusa-t-il.

-         Ah ouais ? Fit-elle, blasée, Et tu comptes lui sortir cette excuse tous les matins ?

-         Pourquoi tous les matins ? Fit-il mine de s’étonner avant de prendre un air malicieux, ça te plairait que ça devienne une habitude, fillette ?

-         Raah, arrête de faire ça ! S’agaça-t-elle en fermant les yeux avec impatience, le visage rouge pivoine.

-         Ha ha, quoi donc ? Je n’ai fait que poser une simple question, s’amusa-t-il doucement en inclinant la tête sur le côté pour mieux la dévisager, Alors ? Tu en as envie ?

-         Non ! Absolument pas ! S’enerva-t-elle, plus rouge que jamais. Et d’ailleurs, c’est la dernière fois que tu débarques comme ça dès le matin, Hayate !

-         Ha ha, et pourquoi ça ? S’enquit-il, espiègle.


Elle se raidit lorsqu’il appuya  doucement son bras contre le sien  pour la taquiner.


-         Ça te perturbe trop ?


Elle rougit de plus belle et instaura une distance entre eux, l’air agacé, en pestant un juron d’impatience entre ses dents.


-         Franchement Hayate, pars ! Râla-t-elle en tendant la main vers lui pour l’obliger à lui rendre son sac, je n’ai pas besoin qu’on vienne me chercher des poux dans la tête dès le réveil ! Je n’ai pas besoin de ça !

-         Ha ha, c’est bon, j’arrête, s’amusa-t-il en prenant doucement sa main dans la sienne, désolé Megu chan, j’aime trop t’embêter…


Son cœur s’emballa en sentant les doigts tendres d’Hayate se glisser amoureusement entre les siens, et elle récupéra vivement sa main d’un geste vif en regardant ailleurs, les lèvres pincées.


-         Hayate, c’est bon, je peux aller au lycée seule, vas-y ! Tu t’es déjà suffisamment mis en retard comme ça, marmonna-t-elle en esquissant un geste pour récupérer son sac.


Il fit basculer le sac sur l’autre épaule, une lueur amusée dans le regard.


-         Ne t’inquiète pas, j'ai laissé la moto près du lycée. J’irai bosser juste après.

-         Hein ? S’étonna-t-elle, Mais qu’est ce qu’elle fiche là bas ? Et pourquoi tu te balades encore avec ce truc ?

-         Ha ha, bah, j’aime bien. Je trouve ça pratique.

-         Peut-être mais c’est dangereux, tu n’as pas de permis, et tu roules sans casque de surcroît ! Enfin bref, c’est ta vie ! Se reprit-elle vivement, agacée en lisant dans son regard que ça lui plaisait de la voir s’inquiéter pour lui, Mais pourquoi l’as-tu laissé là-bas ? Pourquoi être venu jusqu’ici à pied ?


Le petit sourire d’Hayate s’accentua et son regard se réchauffa tandis qu’il continuait de la dévisager de cette manière cruellement injuste.

Il la regardait comme si elle était tout pour lui.

Comme si absolument rien ne comptait dans sa vie, à part elle…


-         Parce que j’avais pas envie de te déposer, dit-il doucement, on serait arrivé trop vite…



A suivre...

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